Projet d'éco-hameau

Cette association ainsi que son président actuel sont les initiateurs de ce programme d'éco-village. Il est apparu comme audacieux mais réalisable et porte en lui une espérance de forte valeur ajoutée humaine. Pour développer ses objectifs, l'association se lance donc dans cet exercice et compte en retirer les moyens financiers et économiques. Toutes les petites structures qui se développeront sur le domaine de l'éco-village auront une dîme modeste à régler chaque année à l'association, celle-ci est estimée pour le début à 1 pour cent du total de l'activité engendrée. L'ensemble est régi par la philosophie gandhienne et correspondant aux objectifs de Gandhi International (Voir Charte et conditions). Logements d'habitation de construction écologique employant toutes les techniques de l'éco-habitat et des ressources in situ. Il est proposé pour des personnes qui recherchent une unité de vie et une unité de lieu, d'où un équilibre de vie. Peut convenir par exemple à des médecins, avocats, architectes, professeurs ou agriculteurs, artisans, ouvriers ou commerçants en recherche de symbiose entre leur métier respectif et l'aspiration à une vie sociale ouverte et différenciée.

Il a pour objectif l'exemplarité et une certaine pédagogie de vie. La mise en valeur d'un terroir tendant vers l'autosuffisance alimentaire et énergétique en utilisant les avancées technologiques et les technologies anciennes. Nouvelles synthèses techno-traditionnelles. Liée directement à l'éco-village, l'utilisation de cultures sur place adaptées au milieu, donc de plantes indicatives, variétés non affaiblies génétiquement (rustiques donc) et ayant gardé leurs capacités de défense naturelles. Attention toute particulière à la santé physique par une nourriture saine et locale de préférence. Appel est fait aussi pour un développement de médecine homéopathique, ayurvédique, à la phytothérapie et autres médecines naturelles.

Construction: Les matériaux peuvent être extraits in situ. Technique utilisable: pisé, adobe, bloc de terre crue comprimée etc. Tout autre construction écologique est possible dont ossature bois ou autres techniques convergentes. A voir avec l'architecte mandaté.

 

Dans un premier temps

- un éco-village, avec des logements en autonomie énergétique, pour l’équipe initiatrice faite d’apporteurs de projets divers.
- L'installation de paysans-agriculteurs, (maraîchage, arboriculture, pépinières, céréales, poulailler, élevage et produits laitiers en agro-biologie, compostage, chevaux pour traction animale, etc...).
- L'installation d'artisanats liés ou non à l'agriculture, transformation de produits de base, ou artisanat d'art, (boulangerie-meunerie, miellerie, confiturerie, vannerie, poterie, forge, menuiserie, imprimerie, etc) et d'artistes. 
- Dès que possible, des unités communes d'éoliennes, panneaux solaires (parking ombragé) et batteries, pour usage collectif et, pour chaque logement de résident, un équipement individuel, avec mutualisation des énergies.
- L'installation de petites cabanes pour une vie érémitique pour ceux qui le souhaite, dans des lieux plus isolés sur le domaine, (des demandes expresses ont été formulées).
- Bâtiments communautaires, agricoles, artisanaux et commerciaux.
- Autre...

 

A plus long terme

- Deux à trois hectares de camping aménagé pour les visiteurs, familles ou touristes.
- Un centre de Congrès, avec hôtellerie et restauration (environ 100 places) comprenant un centre culturel (tous arts, chants, danses, expositions, librairie etc).
- Un Institut d'Études Gandhiennes, 20 étudiants par an.
- Une maison de retraite (70 à 80 places), bâtiment spécialisé et autonome.
- Une crèche pour enfants en bas-âge, jusqu'à 6 ans.
- Un cabinet médical et un cabinet dentaire.
- Une retenue d’eau, pour pisciculture, distribution d'eau, irrigation, détente, aménagement d'une plage, etc
- Un lagunage pour les eaux usées.    
- Unités de ventes de produits locaux et si possible négoces pour les résidents et visiteurs (mini-Biocoop, autres?).
- Une agence bancaire de la NEF (Nouvelle Economie fraternelle).

 

Pilosophie du projet

Le film « La Marche des gueux » fait état de la marche des sans-terre en Inde et de son dénouement favorable modifiant au bout de trois mois la loi en leur faveur, lois qui restent lettre morte car non appliquées. Cela montre l'écart qu'il y a entre les besoins réels de toute une population qui réclame ses droits et l'incapacité (voire la mauvaise volonté) d'une oligarchie politique qui s'occupe davantage de sa réélection que des droits des plus humbles.

Le documentaire « Sarvodaya, vers une économie non-violente » démontre qu'une population rurale du Sri Lanka (pour peu qu'elle soit rendue consciente de ses possibilités par des hommes éclairés) est capable de vivre sur un lieu donné en y développant toutes les activités nécessaires autour d'une structure juridique nommée « république villageoise autonome », et ceci dans un pays en proie à une guerre civile de quarante ans. Là, la souveraineté alimentaire est une priorité, avec l'éducation, le bien-être, la solidarité et la santé. Une banque villageoise alimentée par les villageois est un outil de promotion pour chaque membre de la « république » et est gérée par douze femmes. Que de leçons à tirer, 5000 villages sont d'ores et déjà en autonomie, 15000 sont en voie d'y accéder, tous solidaires et attentifs au bonheur des autres, en démocratie participative.

Dans une société basée sur une violence institutionnelle et structurelle, la démarche gandhienne est celle de l'acceptation d'une certaine fragilité personnelle, et d'une action de résistance et de dénonciation respectueuse d'un état de fait imposé mais illégitime. Cette non-violence active est à vivre dans le quotidien. L'éco-hameau est une démarche globale de résistance et de recherche d'un vivre ensemble pour réenchanter nos vies.

La vision est altruiste, elle n'est pas idéaliste. Elle ne gomme pas la nécessité pour chacun d'être dans une démarche de responsabilité économique personnelle. Gagner sa vie sans spéculation ni corruption est partie intégrante de cette philosophie, qui exclue aussi l'enrichissement abusif et l'accaparement des biens. Avant de s'engager dans ce projet, il est fortement recommandé à tout candidat de connaître ou avoir lu le « Hind Swaraj » de Gandhi, version française de Lanza del Vasto (Leur civilisation et notre délivrance, éditions Dénoël), collection « Pensée gandhienne ». De même l'ouvrage « Mes expériences avec la Vérité » de Gandhi.

Cette philosophie peut se résumer par ces quelques lignes tirées de l'ouvrage de Lanza del Vasto, le Pèlerinage aux Sources, chapitre « Trois mois chez Gandhi ».

Lorsque Gandhi enseignait à l'ashram ceux qui devaient partir dans les villages pour pratiquer une économie de partage, d'autonomie relative, faite de solidarité, économie rurale et artisanale, il disait ceci:

« Je vous envoie dans vos villages où nos compagnons de lutte contre l'occupant vous attendent. Que chacun se suffise, que chacun pense d'abord à soi et aux siens et ne pèse sur personne : voilà charité bien ordonnée. Là où l'homme ne peut suffire, que la famille se suffise, là où elle ne peut, que ce soit le village, là où le village ne peut, que ce soit la région.

Tendez toujours à produire sur place et évitez toute circulation inutile des produits, car c'est là gaspillage et ce sont les courtiers, les spéculateurs, les politiciens nationaux ou étrangers qui ont prise sur les produits dont la vie du peuple dépend.

Vous soutiendrez ou rétablirez les anciennes industries villageoises, vous en créerez de nouvelles. Développez partout la filature du coton qui réduira notre chômage, l'outillage coûte peu et le coton est abondant : nous ne devrions plus acheter nos étoffes aux Anglais qui emportent au loin, chez eux, dans leurs filatures, le coton de nos campagnes.

Préparez l'indépendance nationale par l'indépendance économique : et je vous rappelle à tous que l'unique intérêt de l'économie, ce n'est pas le développement économique, mais le développement de la personne humaine, sa paix intérieure, l'élévation de son âme, son affranchissement.

Mes enfants, que l'homme reste toujours plus grand que ce qu'il fait, plus précieux que ce qu'il a. Allez ! Supprimez la misère, cultivez la sobriété ! »